Les banques
Les actualités des banques


Augmentation du Livret A : qu’en est-il des banques ?

Elle est effective depuis le 1er octobre dernier. L’augmentation du plafond du Livret A, point phare du programme présidentiel du candidat Hollande, a donc fait l’objet d’une application relativement rapide, l’objectif final étant de parvenir à un doublement du plafond initial, soit 30 600 €. Si cette mesure permet aux ménages d’augmenter leurs dépôts sur ce Livret défiscalisé, et par conséquent très convoité par les français, les effets pour les banques sont d’une toute autre nature. Précisions sur les conséquences de cette hausse du plafond de dépôt.

Des résultats mitigés

S’il apparaît comme le produit d’épargne préféré des français, le Livret A est pourtant loin de profiter à tous les ménages de la même façon. 47 % des livrets ne possèdent en effet qu’une somme inférieure à 150 €, bien loin donc des 19 225 € récemment définis. De plus, en 2011, ils n’étaient que 8.5 % à avoir atteint le plafond, alors fixé à 15 300 €, sur les soixante-et-un millions de livrets ouverts en France.

Aussi, nul besoin d’être expert en analyse financière pour s’apercevoir que cette mesure visant à favoriser les épargnants ne représentera un avantage que pour une poignée d’entre eux, parmi les mieux lotis financièrement.

De plus, du côté des banques, les réactions sont également pour le moins mitigées, la plupart voyant cette mesure d’incitation à l’épargne sur le Livret A comme un moyen, non intentionnel, de fragiliser les banques. Même si l’objectif du gouvernement n’avait à l’origine rien à voir avec cela, il n’empêche que c’est une réalité que craignent plusieurs banques dans les mois à venir.

Des banques plus fragiles avec hausse ?

C’est ce que redoutent un certain nombre d’établissements bancaires. L’augmentation des deux Livrets phares de l’épargne française (le Livret A et le Livret de développement durable, respectivement passés à 19 225 € et 12 000 €) risquent en effet d’inciter les ménages à déposer, dans la mesure du possible, davantage d’argent sur leurs comptes. Toutefois, à moins de posséder des économies non encore placées, ces ménages devront « piocher » sur leurs autres livrets d’épargne pour alimenter leurs Livret A et LDD.

Il est donc fort probable que les premiers comptes à faire les frais de ces retraits soient ceux les plus risqués et les moins performants, comme c’est le cas actuellement pour l’assurance-vie qui, après avoir conservé la tête des placements, affiche depuis quelques années un net fléchissement.

Or, ces dépôts d’argent traditionnels, à l’image notamment de l’assurance-vie, constituent pour les banques leur principale source de financement. D’où une fragilisation, à plus ou moins long terme, des banques.

C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre l’agence de notation Moody’s, ce qui n’est pas sans inquiéter les établissements bancaires.

Alors, l’augmentation du Livret A, une fausse bonne nouvelle ? Reste que la finalité de cet argent déposé est sociale, puisqu’il doit permettre de financer la construction de logements sociaux, dont la France a terriblement besoin.