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Le Livret A pris en otage

Puisque le gouvernement et le président s’entêtent à nier l’ampleur des opposants à la dénaturation du mariage et méprisent d’un haussement d’épaule leurs arguments, le collectif de la Manif pour Tous cible le Livret A pour se faire entendre.

Les porte-paroles de la Manif pour Tous ont appelé les bonnes âmes de ce pays à une série d’actions perturbatrices afin de se rappeler tous les jours à la mémoire des dirigeants politiques. Outre les propositions de grève de l’audimat et de déclarer ses revenus sur papier avec un règlement supplémentaire indu, l’une des traductions concrètes de l’apostrophe « on ne lâche rien » consiste à demander aux Français de vider leur Livret A le 7 mai prochain. Semeurs de pagaille, ces meneurs sont dénoncés comme une menace pour les banques françaises. Que de grands mots !

Certes, si les épargnants se prêtent au jeu, les banques devront se préparer à un jeu d’écritures, peut-être quelques tendinites pour celles en panne d’informatique, mais pas de grand préjudice. Au contraire, 65% des sommes placées sur les livrets réglementés leur échappent, cette épargne étant réservée à la Caisse des dépôts. Les banques devraient donc voir d’un bon œil ce retrait des fonds du Livret A qui basculeront logiquement sur un autre compte, soit dans le même établissement, soit, pourquoi pas, déposés sur un livret concurrent plus compétitif.

C’est plutôt la Caisse des dépôts et consignation qui est visée. Présidée par Jean-Pierre Jouyet, la CDC dispose d’excédants obtenus depuis 2012 à la suite de la revalorisation du taux du Livret A puis des relèvements successifs de son plafond. Bien que ces sommes soient destinées à certains investissements, ce n’est un secret pour personne que la CDC, fidèle soutien du gouvernement, achète des obligations du Trésor. Autrement dit, le Livret A finance la dette publique.

Dans ce contexte, un retrait massif et synchronisé par les épargnants semble un moyen efficace de faire pression. Cela suppose une action à la même date par un nombre conséquent d’épargnants, soit au moins 100 000 personnes, histoire que l’opération pique un petit peu.

Or, compte tenu des actuelles retombées sur Facebook, les épargnants se montrent dubitatifs pour ne pas dire réticents à passer à l’action. C’est qu’il faudrait peut-être mieux retenir le 2 ou le 17 mai pour ne pas perdre ses intérêts calculés par quinzaine civile… Ce n’est décidément pas dans leur habitude d’être révolutionnaires.